
Dans
les cages des pictes croupissaient déjà quelques prisonniers, des
Aquilloniens surtout, le seul qui parlait la langue gutturale de Skiold
était l’un d’eux nommé Zourgol, Un prêtre de Mitra leur Dieu unique.
Envoyé par le roi Conan soutenir les troupes à la défense des
frontières le long de la rivière du Tonnerre. La plupart étaient plus
morts que vifs et attendaient leur sort terrible sans espoir depuis
déjà plusieurs semaines,dans cet enfer humide seul le religieux
semblait garder espoir.
Alors vint le jour des célébrations à
Gullah, le Dieu gorille des Pictes, tous les prisonniers allaient être
sacrifiés à la pleine lune après maintes et maintes tortures.
La
boucherie commença, les un après les autres les condamnés répandaient
sang et tripes sur l'autel de Gullah. Un des Aquilloniens, fiers
jusqu'au bout endura les sévices pendant des heures pas un cri ne
s'échappa de sa bouche, pas même quand ses yeux arrachés furent jetés
en pâture à la foule des sauvages amassés autour de la cérémonie se
battant comme des forcenés ce met ayant apparemment pour eux une
signification rituelle particulière.
Les sauvages semblaient
tous dans un état proche de la folie, comme s’ils avaient basculé dans
une transe collective animée par le sorcier et ses acolytes : à chaque
doigt coupé, à chaque entaille dans les chairs des condamnés leurs cris
devenaient de plus en plus forts, de plus en plus en plus frénétiques,
de plus en plus horribles de plus en plus démoniaques. Finalement le
couperet de silex du chamane mi fin au calvaire de l’Hyborien.
Vint alors le tour de Skiold, il ne restait alors de vivant que lui et le prêtre.
Un
picte borgne arborant une immense balafre en plein milieux du visage
s’approcha de la cage de l’Aesir lui crachant une injure dans sa langue
affreuse ouvrit sa geôle, c’était à lui qu’il devait cette marque et
bientôt il se délecterait de voir le Nordheimir répandre son sang pour
la gloire de Gullah. Ayant broyé la mâchoire du défiguré d’un puissant
coup de poing, personne n’osa malgré la frénésie ambiante pousser
Skiold vers l’autel et c’est en chantant une de ses contines barbares
du nord qu’il avança d’un pas décidé vers son supplice. La voix rauque
du géant blond couvrit bien vite les hurlement bestiaux des pictes, il
remarqua que non loin de l’autel étaient entreposé tout l’équipement
des sacrifiés dont sa bonne vieille et lourde épée qui lui avait sauvé
la vie et avant lui celle de Hrolf son père, il avait toujours voulu
respecter les coutumes de son peuple et mourir en la brandissant,
emportant avec lui le plus d’ennemis possible dans un carnage épique,
pour que ses ancêtres soient fiers de lui et l’accueillent au banquet
de Walhalla avec les honneurs du guerrier tombé vaillamment, non comme
un porc saigné a blanc ! Il s’allongea de lui-même sur la stèle
poisseuse dont la roche elle-même avait pris une couleur carmin,
combien d’hommes et de femmes avaient poussé leur dernier cri sur cette
pierre ? Des milliers songea t’il.
« Voit comme meurent les Aesirs Picte ! »
Le
chaman s’approcha de lui agitant un coutelas en os au dessus de son
torse, invectivant la foule par des imprécations à son dieu d’un autre
âge, alors d'un un effort quasi surhumain Skiold réussi à briser ses
liens, dans un mouvement plus vif que celui d’un fauve il agrippa la
gorge du chaman, lui broya le larynx et jeta son corps sans vie sur les
guerriers pictes qui déjà se ruaient sur lui. Telle la panthère il
sauta vers son épée entamant une danse sanglante.
Rien ne semblait
pouvoir arrêter la fureur de l'Asgard à son tour possédé par la rage
qui caractérise les siens dès que leurs lames goutent le sang d’un
ennemi : un, deux, trois, dix …vingt trépassèrent débités sous ce
déluge d’acier, les autres prirent peur et s’enfuirent.
Tout autour de lui les cadavres s’étaient entassés en une montagne de membres palpitants.
La voix du prêtre de Mitra acheva de le sortir de sa furie sanguinaire…
«
Guerrier ! Guerrier ! Libère moi, je connais les chemins qui nous
mèneront hors de cette jungle ! Libère moi guerrier par le grâce de
Mitra ! »
Skiold fit sauter la porte de la cage d’un coup de pommeau.
«
Viens Guerrier, si Mitra le veut dans cinq jours tu soigneras tes
plaies en embrassant les fesses blanches des catins de Velitrium ! »
« Alors par Ymir et sa pute de fille ne perdons pas de temps ! »
Skiold