
Anciennement, Asura était considéré comme le dieu qui veille sur le monde. A l'origine c'était le dieu du climat et c'est vers lui que se dirigeaient les prières en cas de sècheresse ou d'autres accident climatique. Il est aujourd'hui considéré très différemment.
Asura est le dieu patron de la Vendhya et le protecteur de la famille royale. Ses prêtres sont versés dans les arts occultes mais les utilisent officiellement pour lutter contre les sorciers malveillants. Les prêtres ont d'ailleurs mis en place des procédures pour protéger la famille royale, insistant notamment pour que tous les cheveux coupés et toutes les rognures d'ongles soient systèmatiquement détruits pour s'assurer qu'aucun sort ne puisse être lancé sur la famille.
(ndlr: Dans la nouvelle Le Peuple du Cercle Noir, la mort du roi ne parvient pourtant pas à être évitée et l'enchantement qui la provoque est bel et bien réalisé grâce à une mèche de cheveux.)
Le culte d’Asura est un culte secret. Ce dieu est en effet l’équivalent du Mal, un démon, pour bon nombre d’hyboriens bercés par les préceptes de Mitra. Ceux qui vénèrent Asura le font donc en secret. Depuis que le Roi Conan a quelque peu libéralisé la religion, ses adorateurs s’affichent néanmoins un peu plus.
Si Asura est considéré comme le Mal aux yeux des adorateurs de Mitra, les Asuréens ont sur la question une toute autre idée. Asura est en effet également connu sous le nom de Celui qui Resplendit. C’est lui qui est venu sur terre pour offrir la civilisation aux humains. Il leur a révélé la sagesse secrète du Paradis pour qu’ils puissent utiliser ces connaissances pour combattre le mal.
(ndlr : On peut très facilement faire un lien entre Asura et Lucifer, ange déchu qui désormais est une figure du Mal dans la culture judéo-chrétienne et donc le nom veut dire « Porteur de Lumière ». Certaines croyances disent que c’est lui qui a offert la connaissance aux humains (Lucifer sous la forme du serpent, notamment))
Paradoxalement, le culte d’Asura qui se voue à voir au-delà des illusions est passé maître en illusionnisme pour protéger ses propres secrets et on dit également qu’il dispose notamment du réseau de communication et d’espionnage magique le plus développé de toute l’Hyborée. Pour protéger le secret, seuls ceux qui sont nés dans la foi d’Asura sont initiés à cette religion.
Philosophie et préceptes du culte d’Asura
La vie, une illusion : Un point sur lequel les adorateurs de Mitra (ceux qui ont accédé au plus grands Mystères) et ceux d’Asura se rejoignent est que la vie, le monde matériel, est une vaste illusion. Les adorateurs de Mitra considèrent que cette illusion a été créée par Asura. Les suivants d’Asura l’attribuent quant à eux à Ahriman, la véritable représentation du Mal à leurs yeux.
Le Mal : Les Asuréens pense que le Mal est un concept relatif qui dépend du point de vue de chacun et non pas un concept. Il y a du mal en Asura, ce qui ne fait pas d’Asura le mal, et il y a sans doute du mal en toute chose. On ne peut pas dire que quelque chose est mal par définition. C’est l’usage que l’on fait de quelque chose (qu’il s’agisse d’une part de soi ou d’un objet par exemple) qui détermine si l’on va dans le sens du bien ou du mal. Les Asuréens utilisent parfois l’exemple du serpent pour expliquer ce concept. On peut considérer que son poison est le mal, mais tant qu’il ne s’en sert que contre les proies qu’il utilise pour se nourrir, ce n’est que quelque chose de parfaitement naturel. Il en est de même potentiellement pour la sorcellerie qui peut être utilisée pour faire le bien.
Hommes et Femmes : Les hommes et femmes sont égaux dans la religion asuréenne. Les seules différences sont des différences physiques et font donc partie de la Grande Illusion.
Les autres religions : Les différences entre les religions font partie de la Grande Illusion mais pour quelqu’un qui creuse dans les divers crédos, toutes les religions se ressemblent. Ils ne nourrissent notamment pas le même ressentiment contre les adorateurs de Mitra que ceux-ci nourrissent contre eux.
Le mensonge, l’illusion : Puisque les adorateurs d’Asura considèrent que l’on vit dans une immense illusion, ils cherchent, tout comme les adorateurs de Mitra, à ne pas ajouter de mensonge à cette illusion. Mentir ou faire preuve de manque de loyauté est donc très mal perçu.
Les rites mortuaires : Des bateaux de pèlerins portent les morts tout le long du fleuve Khorotas jusqu’à la mer pour commémorer symboliquement la connexion historique du culte avec l’eau. Toute autre forme de rite n’est pas approprié selon les Asuréens. Il ne convient pas de brûler les morts ou de les enterrer, seule l’eau peut les recueillir.
Symboles religieux d’Asura
Le feu et la lumière sont les symboles principaux des Asuréens pour qui ils représentent l'illumination divine. Les prières sont dites devant les bougies les feux ou les braseros. Elles peuvent également être adressées au soleil ou à la lune.
Comme pour les adorateurs de Mitra, le serpent est le symbole de la connaissance ancienne, mais les Asuréens n’y voient pas de connotation maléfique. Pour eux, le fait qu’Asura, en offrant la connaissance à l’homme, l’ait fait développer une forme de civilisation n’est pas quelque chose de mauvais, au contraire. Les Asuréens sont de manière générale versés dans les arts occultes de la sorcellerie. Ils disent que ces connaissances doivent leur permettre de combattre ceux qui utilisent leurs pouvoirs dans le but de faire le Mal. Asura est représenté sous la forme d’un serpent blanc, Ahriman par un serpent noir. Le serpent noir enroulé autour du monde représente la Grande Illusion dans laquelle le monde est plongé par le pouvoir du Mal.
L’eau est une métaphore de la vie et toute source d’eau doit être respectée voire vénérée comme il se doit.
le culte d'Asura dans Conan le Conquérant
Le Temple d'Asura
Tarantia possède en son enceinte un temple secret dédié à Asura. L'intérieur du sanctuaire est composé d'épais murs de marbre recouverts de tentures de velours noir ; d'épais et riches tapis s'étalent sur un sol de mosaïques. Des lampes en bronze déversent sur l'ensemble une douce lumière dorée. Se dressent également de larges portes sombres et voutées. (128)
"Un tunnel secret part des cryptes souterraines et conduit au-delà des murs de la ville." (Howard, 138-139)
Ce temple est doté d'un riche mobilier : fautueils et tables en ivoire, tabourets dorés, gong en argent, gobelets en cristal... (128-133)
Il n'est ni largement connu, ni très fréquenté. Le roi Conan ignorait même qu'il existait un temple dédié à ce culte au coeur de Tarantia, avant d'y être conduit par un prêtre. (129)
"Il ignorait même qu'il existât un temple d'Asura dans sa bonne vieille ville de Tarantia ! Les prêtres de cette religion avaient coutume de dissimuler leurs lieux saints d'une façon remarquable." (H.129)
Asura versus Mitra
Du point de vue du fidèle de Mitra
"Le culte de Mitra exerçait une influence prédominante sur les nations hyboriennes ; pourtant, celui d'Asura avait persisté, malgré l'interdiction officielle et l'aversion populaire. (...) Dans ses sanctuaires, disait-on, une épaisse fumée montait en permanence devant de noirs autels où des êtres humains, élevés par des inconnus, étaient sacrifiés devant un grand serpent aux replis monstrueux. Son horrible tête, chuchotaient les gens, se balançait lentement au sein des ténèbres maudites.
Les persécutions avaient amené les fidèles d'Asura à dissimuler parfaitement leurs temples et à voiler leurs rites. Hélas, ce secret et ce mystère avaient suscité des soupçons encore plus monstrueux, faisant naître d'abominables rumeurs." (H. 129-130)
La plupart des fidèles de Mitra éprouvent une horreur instinctive à l'égard du culte d'Asura. "Cette horreur lui* avait été inculquée dès l'enfance, puis au cours de sa jeunesse, par les histoires horribles de sacrifices humains et de dieux bestiaux errants dans des temples ténébreux." (* : la comtesse Albiona)
Du point de vue du roi Conan
Conan avait refusé de les persécuter et interdit le peuple de poursuivre de tels actes.
"S'ils pratiquent la magie noire comme vous l'affirmez, avait-il déclaré. Pourquoi se laissent-il persécuter sans réagir ? S'ils ne la pratiquent pas, alors ils ne sont pas habités par le mal. Par les démons de Crom ! Laissez les hommes adorer les dieux de leur choix." (130)
"N'ayez peur, (...) dit leur guide. Ici, personne ne vous fera de mal, contrairement à ce que prétendent certaines superstitions vulgaires. Votre monarque, convaincu de l'innocence de notre religion, nous a protégé des persécutions des ignorants... c'est pourquoi l'un de ses sujets ne saurait nourrir aucune appréhension en ces lieux." (Hadrathus prêtre d'Asura s'adressant à la comtesse Albiona) (128-129)
Asura, au-delà des illusions
"Notre enseignement nous dicte de rechercher la vérité au-delà des apparences trompeuses" (129)
"Les fidèles d'Asura ont divers moyens secrets d'accéder à la connaissance". (134)
"Les gens prétendent que notre culte est une survivance de l'antique adoration du serpent stygien. C'est un mensonge. Nos ancêtres sont venus de Vendhya. Ce royaume se trouve au-delà de la mer de Vilayet et des montagnes bleues d'Himélie. Nous sommes les enfants de l'Orient, pas du Sud." (134)
La secte ne comporte aucun membre au-delà de l'Alimane ; ses ramifications s'étendent surtout vers l'Est, le long du fleuve Khorotas. (151)
Le rite funéraire encore appelé "le bateau du pèlerin"
Un imposant esclave à la peau brune, revêtu d'un simple pagne de cuir et de sandales manoeuvre, à l'aide d'une longue perche puis de rames, une embarcation longue et effilée, entièrement peinte de noire comme l'ébène, et de crânes blancs sur les plats-bords. Sur le pont se dresse une petite cabine dont les étroites fenêtres sont masquées de rideaux sombres. (142)
Les autres embarcations se tiennent à bonne distance de ce type de bateau sinistre car il s'agît d'évidence, à ses peintures, d'une embarcation qui porte à son bord un fidèle d'Asura effectuant son dernier et mystérieux voyage vers le sud, descendant la Khorotas pour se jeter dans l'océan. A la mort d'un fidèle d'Asura son corps est placé au centre de l'embarcation, pour être porté par le fleuve vers une destination inconnue. "Selon certains, c'était la Stygie ; d'autres parlaient d'une île sans nom, au-delà de l'horizon, d'autres encore affirmaient que le mystérieux et fascinant royaume de Vendhya était le but du dernier voyage de tous ces morts. Personne n'en était sûr" (142-143)
Personne ne revoyait jamais plus ni le corps du défunt, ni l'esclave, sauf à se fier à la rumeur qui raconte que c'était toujours le même esclave qui dirige cette embarcation sinistre.
Tous les bateaux se maintiennent à bonne distance du navire, et aucun des adorateurs de Mitra les plus fanatiques n'accepterait d'y mettre un pied à bord. En général les navigateurs, marchands et pêcheurs, pour la plupart, parfois les bateaux de plaisance ornés de coussins ouvragés et de soies suspendues à des portiques sculptés, décrivent un écart lorsqu'ils croisent un tel navire, tout en marmonnant quelques incantations.
"Les fidèles d'Asura étaient maudits et les bateaux de pèlerin étaient imprégnés de magie noire." (143)